Jean-Claude RENARD — Notes I
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Faut-il trouver dans la nuit
Et dans la distance qui dure à l'intérieur de l'amour
Sous d'épaisses couches d'acides
Quelqu'un présent par absence ?
Il n'y a rien pour convaincre
Ce sable opaque où l'eau glace
Et n'est plus propre au partage
Sinon qu'aucun silence n'annule le mystère.
Essayant de peupler la mort
Le sang invente, prophétise,
Voit parfois luire dans la neige comme un grand cerf ressuscité
Le sacre dont l'hiver le fascine et le tue
Mais peut-être qu'à l'aube, après tant d'arbres vides,
Le dieu sera vivant.
Jean-Claude RENARD — Rites 4
***
L'aile pure
parut sur la mer gelée :
attirant le vent
les chevaux.
Lui
reprit le bâton de prière,
marcha vers les domaines où fume le sang d'aigle
et toucha l'herbe mythique.
Les pluies eurent des fraîcheurs de pommes.
Alors,
entouré de cerfs,
il dressa la pierre
de magie.
Jean-Claude RENARD — Rites 9
***
La mort
mesure-t-elle l'amour ?
L'amour
mesure-t-il la mort ?
Nul ne le sait.
Mais l'âme rit
si, dans l'un et l'autre,
habite
l'abîme blanc du mystère.


















